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Mot du Président – Rentrée 2018

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Une rentrée entre fierté Occitane et honte Nationale,

C'est la rentrée pour nous tous et l'occasion nous est donné de faire un premier point, un bilan sur l'année écoulée. La fierté est celle des nombreux résultats de nos structures et de nos professionnels suite au très bon palmarès, de notre région sur tous les fronts, de nos cavaliers dans toutes les disciplines. Je partage avec la Région Occitanie ces bons résultats et n'ai pas manqué de lui faire savoir.

Si c'est la passion qui nous conduit pour la plupart d'entre nous, nous pouvons être fiers du savoir-faire ici en région, et surtout de ne pas baisser les bras dans un contexte économique toujours plus difficile pour la pérennisation de nos structures. Nous pouvons donc être tous fiers de l'engagement du plus grand nombre pour maintenir l'équitation à un niveau de qualité toujours optimum.

Mon rôle de Président prend ici tout son sens, comme pour l'ensemble de nos équipes, au travers de ce dynamisme et de ce travail de longue haleine, il est important de rappeler que nos institutions fédérales en région, en département, comme au niveau national appartiennent à chacun de nous et qu'elles sont le reflet de notre activité et de notre volonté à porter toujours plus haut les couleurs de l'équitation, de toutes ses disciplines et de sa mission de service public.

La honte, elle, me revient, la honte de vous annoncer l'abandon des activités sportives par le mouvement sportif lui-même au travers du ministère de la jeunesse et des sports et de la cohésion sociale, et cette nomenclature qui voulait tout dire, ne veut plus rien dire…

En effet, si le domaine fédéral, grâce à la rétrocession sur licences, a permis d'investir en 10 ans plus de 5 millions d'euros sur l'Occitanie, Midi Pyrénées et Languedoc Roussillon confondus, ce budget était jusque là complété par l'accompagnement de la Région et du ministère JS&CS par le biais du CNDS. Notre ministère de l'agriculture ne nous accompagne plus depuis plus de 5 ans et c'est maintenant à notre autre ministère de tutelle de nous tourner le dos. Autant dire que les ministères qui devraient nous accompagner dans le cadre de notre mission de service public afin de mieux répondre aux exigences sociétales, s'installent désormais comme simples organismes de contraintes et de lourdeurs administratives, pendant que la concurrence déloyale, non identifiée par l'absence d'affiliation, a pignon sur rue pour promouvoir le sport hors législation et hors contribution fiscale et sociale. Comme pour nos structures bâties pour l'essentiel sur des fonds privés, le budget du CRE à destination du soutien, du développement et de la promotion des activités équestres et de notre mission de service public, n'est maintenant et en dehors des financements Région, plus que majoritairement issu de la rétrocession des licences, donc de nos licenciés, vous l'aurez compris du domaine privé en définitive.

C'est ainsi que l'état et le mouvement sportif définissent leur relation avec la mission de service public dont la vocation est essentiellement sociale ce qui traduit une volonté marquée d'obtenir de la part de nos fonds privés qu'ils servent à assumer l'ensemble de nos actions sociales. Personnellement, considérant que l'ensemble des structures équestres ne bénéficie d'aucun accompagnement de fonds publics, je suis très éloigné de cette vision abusive et signe de désengagement de l'état. Nos licenciés, contribuables, voient leurs contributions fiscales investies dans d'autres sports aux structures financrophages, et il serait injuste que, privés de cet accompagnement restreint, ils assument  le rôle de nos institutions.

Notre sport présent sur tout le territoire, urbain, péri urbain, rural et en zone défavorisée, se positionne comme un sport de proximité, et il n'est pas rare qu'une structure équestre se situe à 5 minutes de chacun d'entre tous. Troisième sport par les licences et premier en nombre de licences féminines, l'équitation est un sport populaire plébiscité par le plus grand nombre, nos structures sont attractives et seul le climat morose, voire austère, lié à des coûts d'entreprise et de travail toujours plus élevés, ne nous permet pas de développer une économie plus fiable, propice à l'emploi et à l'apprentissage.

Ma vision pour cette rentrée s'est confortée dans l'accompagnement de nos structures en particulier le développement de nos clubs et la promotion de notre discipline sous ses différents versants.

Je souhaite nous affranchir de cette vision élitiste et pyramidale du schéma sportif qui veut qu'il y ait en bas, la base en grand nombre et le haut niveau, plus rare, tout en haut. Pour cela, et au travers de nos actions, je vais préconiser une vision dynamique et interactive entre les différents niveaux de pratiques afin que chacun profite de l'essor de l'autre et que les structures élargissent  leur champ de compétences de manière la plus vaste possible. Ainsi, les clubs peuvent grossir les rangs des amateurs qui grossiront les rangs des Pro dont le dynamisme et l'attrait doivent ramener un large public vers les clubs.  L'idée principale, toujours autour de l'économie propre à la pérennisation de nos structures, étant la quantité de nos licenciés par l'attrait de nos offres et comme facteur de fidélisation, mais aussi par la qualité de notre savoir-faire et de nos projets et actions sur le terrain.

Pour cela, plusieurs projets sont en cours de finition et n'attendent plus que le retour du fonds éperon par le biais de la filière équine dont nous avons à cœur de vérifier son intérêt pour ces projets particulièrement transversaux. J'aspire à ce que, après l'abandon de nos ministères, la filière ne s'éloigne pas non plus de nos propositions de développement et de mutualisation des moyens, actions innovantes et structurantes au service d'une économie locale et régionale de grande ampleur.

Je vous remercie encore tous pour votre dévouement et votre motivation qui ont porté leurs fruits cette année en particulier.

Bonne rentrée à toutes et à tous, y a plus qu'à…

Jacob Legros

Président CRE Occitanie

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